Quand on arrive aux États-Unis avec des enfants, on pense souvent que le plus grand changement sera la langue. On imagine les premiers mots d’anglais, les nouveaux amis, les devoirs dans une autre langue, peut-ĂȘtre mĂȘme les difficultĂ©s Ă  suivre les cours. Mais finalement, ce qui nous surprend le plus ne se trouve pas toujours dans les livres. Ce sont parfois de toutes petites choses du quotidien.

Une façon de saluer son professeur.
Un Good morning! lancĂ© avec enthousiasme. Un Have Fun au lieu d’un bon courage!
Un enfant qui reçoit un Good job! pour l’encourager.
Les school spirit days. Une journĂ©e crazy hair ou pyjama day…
Les équipes sportives. Les school assemblies.
Et puis, un matin, on découvre quelque chose qui peut vraiment surprendre un Français :

le Pledge of Allegiance. đŸ‡ș🇾

đŸ‡ș🇾 « I pledge allegiance
 »

Lorsque nos enfants ont commencĂ© l’école aux États-Unis, l’une des choses qui nous a le plus interpellĂ©s a Ă©tĂ© cette tradition. Chaque matin, dans les Ă©coles publiques de Floride, les Ă©lĂšves rĂ©citent le Pledge of Allegiance, la main sur le cƓur, face au drapeau amĂ©ricain. La phrase commence par :

“I pledge allegiance to the flag of the United States of America
”

Pour un enfant français fraĂźchement arrivĂ©, c’est assez particulier. En France, nous avons bien sĂ»r nos symboles rĂ©publicains : le drapeau tricolore, La Marseillaise, la devise LibertĂ©, ÉgalitĂ©, FraternitĂ©. Mais nous n’avons pas cette habitude quotidienne de rĂ©citer collectivement une promesse d’allĂ©geance au drapeau avant de commencer les cours. En Floride, le Pledge fait partie du rituel du matin dans les Ă©coles publiques. La loi prĂ©voit Ă©galement qu’un Ă©lĂšve peut ĂȘtre dispensĂ© de participer, notamment Ă  la demande Ă©crite de ses parents. Et finalement, ce petit moment en dit beaucoup sur la place des symboles et du patriotisme dans la culture amĂ©ricaine.

đŸ‡«đŸ‡· En France, une autre relation aux symboles

En France aussi, l’école a Ă©videmment une dimension citoyenne. Les Ă©lĂšves dĂ©couvrent les symboles de la RĂ©publique française et de l’Union europĂ©enne et reçoivent un enseignement moral et civique. Mais la maniĂšre de les transmettre est diffĂ©rente. En France, on parle davantage de RĂ©publique, de citoyennetĂ©, de valeurs communes, de droits et de devoirs. Aux États-Unis, on retrouve Ă©galement ces notions, mais elles peuvent ĂȘtre beaucoup plus visibles dans le quotidien scolaire. Et c’est probablement l’une des premiĂšres choses que l’on remarque en tant que Français expatriĂ©s : ici, la culture amĂ©ricaine entre beaucoup plus directement dans l’Ă©cole.

🎓 L’Ă©cole amĂ©ricaine ne ressemble pas simplement Ă  « l’Ă©cole française en anglais »

C’est peut-ĂȘtre la chose la plus importante Ă  comprendre lorsqu’on arrive. Au dĂ©but, on pourrait penser :

« Mon enfant va simplement refaire la mĂȘme Ă©cole, mais en anglais. »

En rĂ©alitĂ©, pas du tout. Les diffĂ©rences sont beaucoup plus profondes. En France, l’organisation scolaire est fortement structurĂ©e autour d’un cadre national : programmes, cycles, horaires et attendus communs. À l’Ă©cole Ă©lĂ©mentaire, par exemple, les programmes dĂ©finissent les connaissances et compĂ©tences fondamentales Ă  acquĂ©rir. Aux États-Unis, l’expĂ©rience scolaire peut davantage varier selon l’État, le district et mĂȘme l’Ă©tablissement. Et ici, en Floride, on dĂ©couvre rapidement un vocabulaire scolaire complĂštement nouveau :

grade, homeroom, counselor, electives, report card, FAST, spirit week, PE, ESOL, PTA, FOCUS, referrals, Magnet, Charters, CANVAS, PTO, field trip, SAT, TIP, graduation


Au dĂ©but, on a presque besoin d’un dictionnaire. 😅

📚 Une relation diffĂ©rente avec les enseignants

C’est Ă©galement quelque chose qui peut surprendre les familles françaises. La relation entre les Ă©lĂšves, les parents et les enseignants peut sembler plus chaleureuse et plus informelle. Un professeur peut encourager trĂšs rĂ©guliĂšrement un enfant :

“You did an amazing job!”
“I’m so proud of you!”
“Keep going!”

Et ce n’est pas forcĂ©ment considĂ©rĂ© comme excessif. Aux États-Unis, l’encouragement et la valorisation de l’Ă©lĂšve occupent une place trĂšs visible dans la vie scolaire. En France, l’approche peut parfois sembler plus acadĂ©mique, plus centrĂ©e sur les apprentissages et les rĂ©sultats. Bien sĂ»r, il existe Ă©normĂ©ment d’exceptions dans les deux pays. Mais lorsqu’on arrive d’un systĂšme Ă  l’autre, la diffĂ©rence de culture peut ĂȘtre assez frappante. Comme il n’est pas rare que le professeur offre des bonbons ou cadeaux aux Ă©lĂšves.

⭐ Les notes ne racontent pas toujours la mĂȘme histoire

Autre grande différence : la façon dont on évalue les enfants. En France, les notes sur 20 sont profondément ancrées dans notre culture scolaire. Ici, on rencontre beaucoup plus souvent les lettres : A,B,C,D,F

A (entre 100-90%), B(entre 89-80%), C(79-70%), D(69-60%), F(moins de 59%)

mais aussi des pourcentages, des niveaux de maĂźtrise, des Ă©valuations standardisĂ©es et diffĂ©rents systĂšmes propres aux Ă©coles ou aux districts. En Floride, les familles dĂ©couvrent Ă©galement les Ă©valuations FAST, utilisĂ©es dans les Ă©coles publiques pour mesurer les progrĂšs des Ă©lĂšves. Il y a 3 FAST par an. (voir article FAST). Cela peut ĂȘtre assez dĂ©routant pour un parent français qui essaie de comprendre : « Mais alors
 70 %, c’est bien ou pas ? Et pourquoi mon enfant a-t-il ce niveau ? » Bienvenue dans le systĂšme amĂ©ricain. 😂

đŸ« Une Ă©cole qui fait davantage partie de la vie de l’enfant

C’est probablement l’une des diffĂ©rences que nous ressentons le plus. Aux États-Unis, l’Ă©cole ne semble pas seulement ĂȘtre un endroit oĂč l’on vient apprendre des mathĂ©matiques, du français, des sciences ou de l’histoire. Elle peut devenir un vĂ©ritable lieu de vie. Il y a les clubs, les sports, les Ă©vĂ©nements, les journĂ©es Ă  thĂšme, les spectacles, les compĂ©titions, les associations de parents, les fundraisers
 Et surtout, cette fameuse notion de school spirit. Les enfants portent les couleurs de leur Ă©cole. Ils participent Ă  des Spirit Days. Ils encouragent leur Ă©quipe. Ils vont Ă  des Ă©vĂ©nements sportifs. Ils dĂ©corent leur Ă©cole. Ils peuvent mĂȘme avoir des objets Ă  l’effigie de leur Ă©tablissement. Pour nous, Français, cela peut sembler Ă©tonnant. Mais pour beaucoup d’AmĂ©ricains, c’est une partie totalement naturelle de la vie scolaire.

🎒 Et puis il y a tous ces petits dĂ©tails


Ce sont finalement eux qui rendent l’expĂ©rience d’expatriation aussi intĂ©ressante. Le Back to School qui ressemble presque Ă  un Ă©vĂ©nement.Les fournitures scolaires soigneusement prĂ©parĂ©es. Les photos de rentrĂ©e. Les school pictures. Les Spirit Weeks. Les field trips. Les book fairs. Les fundraisers. Les matchs de football. Les enseignants que les enfants appellent parfois par leur nom avec beaucoup plus de facilitĂ©. Les panneaux dans les couloirs. Les affiches colorĂ©es. Les annonces du matin. Le drapeau amĂ©ricain. Le Pledge. Et toutes ces petites habitudes qui, au dĂ©but, nous paraissent Ă©tranges
 puis deviennent progressivement normales.

đŸ‡«đŸ‡·đŸ‡ș🇾 Alors, quelle Ă©cole est la meilleure ?

La rĂ©ponse est probablement : aucune des deux. Elles sont diffĂ©rentes parce qu’elles reposent sur des cultures diffĂ©rentes. L’Ă©cole française met fortement l’accent sur la transmission des connaissances, un cadre national commun et les apprentissages fondamentaux. L’Ă©cole amĂ©ricaine peut donner davantage de place Ă  la vie scolaire, Ă  l’encouragement, Ă  l’engagement de l’Ă©lĂšve et Ă  l’identitĂ© de l’Ă©tablissement. Mais attention aux gĂ©nĂ©ralisations : il n’existe pas une seule « Ă©cole amĂ©ricaine », exactement comme il n’existe pas une seule expĂ©rience de l’Ă©cole française. Et c’est justement ce qui rend notre regard d’expatriĂ©s intĂ©ressant. Parce que nous arrivons avec nos habitudes françaises
 Et nos enfants, eux, grandissent avec de nouveaux codes.

❀ Finalement, nos enfants deviennent un petit mĂ©lange des deux cultures

C’est peut-ĂȘtre ça que j’aime le plus dans cette expĂ©rience. Nos enfants apprennent l’anglais, mais continuent Ă  parler français. Ils connaissent La Marseillaise
 et le Pledge of Allegiance. Ils savent ce qu’est une rentrĂ©e scolaire française
 mais aussi une Back to School. Ils peuvent parler de leurs vacances en France et quelques jours plus tard, ĂȘtre complĂštement plongĂ©s dans une Spirit Week amĂ©ricaine. Ils grandissent avec deux cultures, deux façons de voir l’Ă©cole, deux façons de communiquer. Parce que l’école amĂ©ricaine, ce n’est pas seulement nos enfants qui la dĂ©couvrent
 nous aussi ! Et parfois, on a un peu l’impression d’ĂȘtre nous-mĂȘmes de nouveaux Ă©lĂšves. 😅 Encore cette annĂ©e, je fais partie du PTA, l’association des parents d’élĂšves et je participe presque chaque semaine Ă  la vie de l’école et Ă  ses diffĂ©rents Ă©vĂ©nements. Vendredi, par exemple, ce sera le Soccer Challenge ⚜ ! Au programme : du football, de l’animation
 et la distribution des fameux Pride Dollars.

Et lĂ , vous vous dites peut-ĂȘtre : Â« Attends
 des dollars ? À l’école ? » đŸ˜‚

Eh oui ! Ici, les enfants peuvent gagner une petite monnaie spĂ©ciale de l’école, les Pride Dollars, qui font partie de la vie scolaire et permettent de rĂ©compenser certains comportements ou efforts.

Parce qu’au fond, vivre aux États-Unis, ce n’est pas simplement apprendre une nouvelle langue.

C’est apprendre de nouveaux codes.

Quand on arrive de France, il faut avouer que ce genre de choses nous fait parfois sourire. Entre le Pledge of Allegiance, les Spirit Days, les Ă©vĂ©nements sportifs, le PTA et maintenant une monnaie scolaire
 on dĂ©couvre chaque jour un nouveau petit morceau de la culture amĂ©ricaine ! đŸ‡ș🇾 Et finalement, c’est aussi ça, ĂȘtre expatriĂ© : nos enfants apprennent Ă  l’école et nous apprenons avec eux. Je vous parlerai d’ailleurs plus en dĂ©tail de cette fameuse monnaie de l’école dans un prochain article, si ça vous intĂ©resse
 Parce que oui, mĂȘme aprĂšs plusieurs annĂ©es ici, il y a encore plein de petites choses qui nous surprennent ! â€ïžđŸ‡«đŸ‡·đŸ‡ș🇾

3 responses to “đŸ‡șđŸ‡žđŸ‡«đŸ‡· École amĂ©ricaine vs Ă©cole française. Partie !”

  1. Justine Avatar
    Justine

    Super article Juju, quand parfois la france m’appelle, je me rappel de ce pourquoi je suis venue et tu viens absolument d’en faire le rĂ©sumĂ© . C’est selon moi, le meilleur apprentissage qu’on puisse offrir Ă  nos enfants â€ïžâœŒđŸ» .

    1. giorgettijulie Avatar

      😂😂 Attends, attends
 tu vas un peu vite ! J’ai encore quelques dossiers Ă  sortir du placard ! đŸ€Ł
      Et notamment
 **LES MENUS DE CANTINE** đŸ•đŸŒźđŸ„ŠđŸ˜‚ Ça, je te garde ça pour la partie 2, parce qu’il y a matiĂšre Ă  dĂ©bat ! Mais je suis tellement d’accord avec toi : parfois la France me manque aussi, puis je regarde tout ce que les enfants vivent ici et je me dis : « Ah oui
 c’est exactement pour ça qu’on est partis ! » đŸ‡«đŸ‡·â€ïžđŸ‡ș🇾
      Merci pour ton commentaire â€ïžâœŒđŸ»

  2. Saiphone Avatar
    Saiphone

    Bravo pour cet article si complet!
    Le systĂšme français et amĂ©ricain sont tellement diffĂ©rents! En tant que maitresse, je trouve que j’enseigne de façon diffĂ©rente ici aux États-Unis. Ma relation avec les familles est diffĂ©rente! Par exemple, je connais la plupart des prĂ©noms de mes parents d’élĂšves! Je connais parfois le nom des frĂšres et sƓurs, voir mĂȘme du chien car j’ai une relation trĂšs proche avec les Ă©lĂšves!

    En tant que maman, je pense que je vais hĂ©siter sur le type d’enseignement que je veux pour mon fils. J’aime la rigueur française. Je trouve que les Ă©lĂšves sortent de l’école plutĂŽt cultivĂ©.
    Aux États-Unis, j’aime comment les Ă©lĂšves ont confiance en eux, sont crĂ©atifs et pour beaucoup Ă  l’aise avec le “public speaking”. Il me faudrait un mĂ©lange des deux!

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